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SCPI de plus‑value : fonctionnement et fiscalité

SCPI de plus‑value : fonctionnement et fiscalité

5 min
06
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07
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2026
Vue en contre-plongée de bureaux à Copenhague

La plupart des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) reversent des loyers à leurs associés. Les SCPI de plus-value fonctionnent autrement : elles misent sur la valorisation des immeubles détenus et ne distribuent que peu, ou pas, de revenus. Le gain est réalisé à la revente. Le terme prête à confusion, car « SCPI de plus-value » désigne un type de SCPI, à ne pas confondre avec la plus-value que réalise n'importe quel associé lorsqu'il revend ses parts avec un bénéfice. Cet article explique d'abord le fonctionnement de ces SCPI, puis la fiscalité des plus-values réalisées lors de la revente des parts.

Qu'est-ce qu'une SCPI de plus-value ?

Parmi les types de SCPI, la SCPI de plus-value occupe une place à part. Parfois appelée SCPI de capitalisation ou de valorisation, elle cherche à faire progresser la valeur de son patrimoine plutôt qu'à distribuer des revenus. Une SCPI de rendement achète des immeubles pour distribuer des loyers. Une SCPI de plus-value, elle, cherche avant tout à revendre les biens plus cher quelques années plus tard.

L'associé ne perçoit donc pas ou peu de dividendes pendant la détention : il attend la revente pour espérer un gain. Ce fonctionnement en fait une catégorie minoritaire, la grande majorité des SCPI du marché étant des SCPI de rendement. Le principe reste celui de toute SCPI : investir collectivement dans l'immobilier via des parts, sans gérer les biens soi-même.

On parle aussi de SCPI de valorisation ou de capitalisation pour désigner cette même famille. Il ne faut pas confondre deux notions que le mot recouvre : la SCPI de plus-value en tant que catégorie d'un côté, et la plus-value que tout associé peut réaliser en revendant ses parts au-dessus de leur prix d'achat de l'autre. La première est une stratégie de gestion ; la seconde, un événement fiscal qui concerne toutes les SCPI.

Comment fonctionne une SCPI de plus-value ?

Le fonctionnement d'une SCPI de plus-value repose sur trois étapes.

Acheter des biens à potentiel

La société de gestion sélectionne des actifs qu'elle juge sous-évalués : immeubles anciens, biens à rénover ou situations décotées. L'idée est d'acheter à un prix jugé avantageux, en pariant sur une revalorisation future. Ces opportunités se rencontrent souvent sur des marchés en retournement ou sur des immeubles délaissés par d'autres investisseurs.

Valoriser le patrimoine

Une fois les biens acquis, la société de gestion cherche à en augmenter la valeur : travaux de rénovation, modernisation, meilleure gestion locative ou changement d'usage, par exemple en transformant des bureaux en logements. Cette phase s'étale sur plusieurs années. La société de gestion peut aussi arbitrer son portefeuille en cours de route, en cédant un bien devenu mûr pour en acquérir un autre à potentiel.

Revendre et réaliser la plus-value

Le gain est réalisé lors de la revente des biens, lorsque leur prix a progressé. C'est à ce moment que la plus-value se matérialise pour les associés. Rien ne le garantit toutefois : si le marché se retourne, la revente peut se faire à un prix décevant. Selon les SCPI, ce gain est soit distribué au fil des arbitrages, soit conservé et reflété dans la valeur de la part, que l'associé récupère lorsqu'il vend. Pendant tout ce cycle, les revenus distribués restent faibles, voire nuls.

Avantages et risques

Les avantages

Le principal avantage est le potentiel de valorisation du capital, si la stratégie réussit. S'y ajoutent la diversification, puisque l'associé accède à un ensemble de biens gérés par des professionnels, et l'accessibilité, l'investissement se faisant avec un capital modéré. Enfin, l'absence de revenus réguliers a une contrepartie fiscale : peu ou pas de loyers imposables chaque année, donc une pression fiscale plus légère pendant la détention. Ce report de l'imposition au moment de la revente peut convenir à un contribuable fortement imposé, qui préfère ne pas alourdir ses revenus imposables pendant la phase de constitution.

Les risques

En contrepartie, ces SCPI ne versent pas de revenus réguliers, ce qui les rend peu adaptées à qui cherche un complément de revenu. La plus-value est incertaine : elle dépend de la conjoncture immobilière et peut se révéler faible, voire négative. Le placement reste par ailleurs peu liquide et se pense sur un horizon long. L'absence de revenus complique aussi le financement à crédit, les dividendes ne venant pas alléger les échéances. Ces limites rejoignent les risques propres aux SCPI : le capital n'est pas garanti.

La fiscalité de la plus-value

Deux situations sont à distinguer, car toutes deux relèvent du régime des plus-values immobilières.

À la revente de ses parts, l'associé qui réalise un bénéfice est imposé sur la plus-value nette : 19% au titre de l'impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux. Un système d'abattements réduit cette base selon la durée de détention, jusqu'à l'exonération : d'impôt sur le revenu au bout de 22 ans, de prélèvements sociaux au bout de 30 ans. Au-delà de 50 000 euros de plus-value, une surtaxe s'ajoute.

Durée de détention Impôt sur le revenu (19%) Prélèvements sociaux (17,2%)
Jusqu'à 5 ans Aucun abattement Aucun abattement
De 6 à 21 ans Abattement progressif Abattement progressif
22 ans Exonération Abattement partiel
30 ans Exonération Exonération

Les parts de SCPI obéissent toutefois à quelques règles propres. Lorsque la cession passe par la société de gestion, c'est elle qui calcule l'impôt, le retient sur le prix de vente et le reverse à l'administration ; en cas de vente de gré à gré, ce calcul revient au vendeur. Une seconde plus-value peut par ailleurs concerner l'associé lorsque la SCPI vend elle-même un immeuble : du fait de la transparence fiscale, les porteurs de parts en sont redevables, la déclaration étant assurée par le notaire et la société de gestion.

Lorsque la SCPI place sa trésorerie sur des valeurs mobilières, les gains correspondants relèvent, eux, du prélèvement forfaitaire unique de 30%. Dans tous les cas, la plus-value imposable se calcule sur l'écart entre le prix de vente et le prix d'acquisition, frais réels compris. La fiscalité des SCPI ne se limite toutefois pas aux plus-values : les revenus distribués, les prélèvements sociaux et les règles applicables en assurance-vie ou à crédit obéissent à des régimes spécifiques.

Pour quel profil d'investisseur ?

La SCPI de plus-value s'adresse à un profil précis : un investisseur de long terme, qui n'a pas besoin de revenus complémentaires et accepte une part d'incertitude sur le gain final. Elle se distingue des SCPI de rendement, recherchées pour leurs loyers, et des SCPI fiscales, conçues pour réduire l'impôt. Elles peuvent convenir aux investisseurs qui recherchent avant tout une valorisation du capital et acceptent de ne pas percevoir de revenus pendant plusieurs années. En pratique, elle se conçoit rarement seule : elle vient plutôt compléter un portefeuille déjà constitué, en y ajoutant une poche orientée valorisation à côté de placements plus réguliers.

Comment investir dans une SCPI de plus-value ?

Ces SCPI étant rares, la sélection demande de l'attention. Avant de souscrire, il est utile d'examiner la stratégie annoncée par la société de gestion, son historique et l'évolution du prix de la part dans le temps, ainsi que le document d'information clé. Les modalités d'achat sont les mêmes que pour les autres SCPI : en direct, via un intermédiaire ou au sein d'une assurance-vie.

Ce qu'il faut retenir

La SCPI de plus-value mise sur la valorisation du capital, pas sur les revenus : elle achète des biens à potentiel, les valorise, puis les revend. L'associé perçoit peu ou pas de dividendes et espère un gain à la revente, sans garantie.

À la sortie, la plus-value relève du régime immobilier : 19% d'impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux, avec exonération d'impôt sur le revenu à 22 ans et de prélèvements sociaux à 30 ans. C'est un placement de long terme, réservé aux investisseurs qui n'attendent pas de revenus réguliers et acceptent l'incertitude sur le résultat final.

Questions fréquentes sur les SCPI de plus-value

Qu'est-ce qu'une SCPI de plus-value ?

Une SCPI de plus-value est un type de SCPI qui vise la valorisation de son patrimoine plutôt que la distribution de revenus. Elle achète des biens à potentiel, les valorise, puis les revend : le gain se matérialise à la revente, sous forme de plus-value.

Quelle différence entre une SCPI de plus-value et une SCPI de rendement ?

Une SCPI de rendement distribue régulièrement les loyers perçus, tandis qu'une SCPI de plus-value verse peu ou pas de revenus et mise sur l'appréciation du prix des biens, réalisée à la revente. L'une répond à un besoin de revenus, l'autre à un objectif de valorisation.

Comment est imposée la plus-value d'une SCPI ?

La plus-value réalisée à la revente de parts relève du régime des plus-values immobilières : 19% d'impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux sur la plus-value nette, avec des abattements pour durée de détention et une exonération d'impôt sur le revenu à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans.

Une SCPI de plus-value verse-t-elle des revenus ?

Non, ou très peu. Une SCPI de plus-value ne distribue pas de revenus locatifs réguliers : le gain est attendu à la revente des biens, plusieurs années plus tard, et n'est pas garanti.

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À qui est destiné l'investissement en SCPI ?

L’investissement en SCPI s’adresse aux personnes souhaitant accéder au marché immobilier sans gérer directement un bien, et cherchant à diversifier leur patrimoine sur le long terme. Il peut convenir à des épargnants disposant d’un horizon d’investissement suffisamment long, souhaitant percevoir des revenus potentiels complémentaires ou répartir leur épargne sur d’autres classes d’actifs que les placements financiers traditionnels. Comme pour tout investissement, il convient toutefois d’examiner sa situation personnelle et de vérifier si ce support est adapté à ses objectifs, à sa fiscalité et à son niveau de risque acceptable.

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